Tableau de bord de trésorerie pour TPE : celui qui se tient à jour tout seul
Un tableau de bord de trésorerie ne sert que s'il est à jour. Je pars de la banque, pas de la comptabilité, pour répondre chaque lundi à une seule question : est-ce que je passe les semaines qui viennent ?
Un tableau de bord de trésorerie pour TPE, sur le papier, tout le monde sait à quoi ça sert. Les modèles Excel gratuits ne manquent pas, les listes d'indicateurs non plus. Le problème arrive trois semaines plus tard : le fichier n'est plus à jour, parce que le remplir prend une heure et qu'on a des clients à servir.
Un tableau de bord qu'on ne met pas à jour ne sert à rien. Voici comment en construire un qui tient dans le temps, et qui répond à la seule question qui compte.
En bref. Un bon tableau de bord de trésorerie part de la banque, pas de la comptabilité. Il se remplit seul, il montre ce qui va entrer et sortir dans les semaines qui viennent, et il répond chaque lundi à une question : est-ce que je peux payer tout ce qui tombe ? Le reste est du confort.
La seule question à laquelle il doit répondre
Les guides parlent de BFR, de délai moyen de paiement, de ratios. Ce sont de bons indicateurs pour un expert-comptable. Pour un dirigeant de TPE, le lundi matin, la question est plus simple :
« Si je regarde les semaines qui viennent, est-ce que je passe ? »
Pour y répondre, il faut trois choses, et seulement trois :
- ce qu'il y a sur le compte aujourd'hui, le vrai solde, celui de la banque ;
- ce qui doit entrer : factures envoyées et pas encore payées, acomptes attendus ;
- ce qui doit sortir : fournisseurs, salaires, loyer, URSSAF, TVA, emprunts, abonnements.
Le solde du jour, plus les entrées prévues, moins les sorties prévues, semaine par semaine. Si une semaine passe dans le rouge, vous le voyez avant, pas après.
Pourquoi la banque doit faire foi
Beaucoup de tableaux de bord partent de la comptabilité ou du logiciel de facturation. C'est une erreur pour la trésorerie. La comptabilité dit ce que vous avez gagné. La banque dit ce que vous pouvez payer. Ce n'est pas la même chose.
Une facture émise compte dans le chiffre d'affaires dès qu'elle part. Elle ne paie rien tant que le client n'a pas viré. À l'inverse, une échéance d'emprunt ne change pas votre résultat du mois, mais elle vide le compte le jour J.
Je pars donc toujours du relevé bancaire. Chaque mouvement réel efface la prévision qui lui correspond. Ce qui reste en prévision, c'est ce qui n'est pas encore arrivé.
Excel, logiciel de trésorerie ou outil sur mesure
| Modèle Excel | Logiciel de trésorerie du marché | Outil sur mesure | |
|---|---|---|---|
| Mise en route | Immédiate | Connexion bancaire, catégories à régler | Une à deux semaines |
| Mise à jour | À la main, relevé par relevé | Automatique depuis la banque | Automatique depuis la banque |
| Factures à encaisser | Recopiées | Selon les connexions proposées | Reliées à vos devis et factures |
| Ce que vous voyez | Ce que vous avez prévu de regarder | Les écrans prévus par l'éditeur | Vos chiffres, à votre façon |
| Limite | Abandonné dès qu'on manque de temps | Pensé pour la trésorerie seule | Il faut bien cadrer le besoin au départ |
Excel convient si vous avez peu de mouvements et la discipline de le remplir chaque semaine. Le jour où vous sautez deux semaines, il ne vous dit plus rien. Un logiciel du marché règle la mise à jour. Un outil sur mesure va plus loin quand vous voulez relier la trésorerie au reste : devis signés, commandes en cours, relances clients.
Ce que je mets dans un tableau de bord de trésorerie
- Le solde réel du jour, en grand, en haut. Rien d'autre sur la première ligne.
- La projection semaine par semaine, avec les semaines tendues signalées en couleur.
- Les factures en retard, du plus ancien au plus récent, avec le contact à relancer.
- Les grosses sorties à venir : TVA, URSSAF, échéances, et leur date.
- Un écart prévu contre réel, pour voir si vos prévisions tiennent.
Le point 3 est souvent celui qui rapporte le plus vite. Une facture en retard que personne ne relance, c'est de l'argent qui dort. Les règles sur les délais de paiement entre professionnels sont détaillées sur le site officiel Entreprendre Service Public, pénalités de retard comprises.
Les pièges les plus fréquents
- Mélanger trésorerie et rentabilité. Une entreprise rentable peut manquer d'argent un mois donné. Les deux se suivent, mais pas dans le même tableau.
- Oublier les sorties qui ne reviennent pas chaque mois. TVA trimestrielle, régularisation URSSAF, assurance annuelle. Ce sont elles qui surprennent.
- Trop d'indicateurs. Un écran qui en montre vingt n'est plus regardé. Cinq, c'est déjà beaucoup.
- Un seul compte suivi. Si vous avez un compte épargne ou une deuxième banque, ils doivent être dans le total.
Comment je m'y prends
Je construis des applications de pilotage sur mesure pour les TPE et PME. La trésorerie est souvent la première brique, parce que c'est celle qui empêche de dormir.
- Un échange de 30 minutes, offert, pour voir vos comptes, vos échéances et ce que vous suivez aujourd'hui.
- Le solde réel et la projection d'abord, reliés à votre banque.
- Puis les factures à relancer et les devis signés, pour que la prévision se nourrisse toute seule.
Vous pouvez essayer un exemple, avec des données fictives : la démo pilotage. Si votre vrai sujet est de relancer vos clients à temps, le CRM sur mesure s'y branche. Et pour voir toutes les briques possibles, regardez les outils métier.
Pour les questions de financement et de relation avec votre banque, la Banque de France publie un site pédagogique, Mes questions d'entrepreneur.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un tableau de bord de trésorerie et un plan de trésorerie ?
Le plan de trésorerie est une prévision, souvent faite une fois par an. Le tableau de bord la confronte chaque semaine à ce qui s'est vraiment passé sur le compte.
Mon expert-comptable ne le fait pas déjà ?
Il suit vos comptes, souvent avec un décalage de plusieurs semaines. La trésorerie se regarde au jour le jour, et c'est vous qui connaissez les entrées à venir.
À quelle fréquence le regarder ?
Le solde, quand vous voulez. La projection, une fois par semaine, toujours le même jour. Le lundi matin marche bien.
Est-ce que je dois tout ressaisir ?
Non. Les mouvements viennent de la banque. Vous n'ajoutez que ce que la banque ne peut pas savoir : une facture attendue, une dépense prévue.
Combien coûte un outil de pilotage sur mesure ?
Chez Novyance, la mise en place démarre à partir de 590 €, puis à partir de 89 € par mois pour l'hébergement, la maintenance et les réglages courants. Le prix est par entreprise, pas par utilisateur, et il est confirmé au devis.
Vous voulez savoir si vous passez les prochaines semaines sans ouvrir un fichier ? Décrivez votre besoin en trois questions, je vous réponds sous 24 h.
Aurélien Ruotte, fondateur de Novyance à Lyon. Il construit des sites et des outils sur mesure pour les TPE et PME, et répond lui-même à chaque demande.